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Katian  

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Date d'inscription
27 Janvier 2013

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21 Mars 2019 - 21h28

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Fiabilité
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Infos perso
Classements
Prénom : Laurent
Sexe : Homme
Situation : Célibataire, avec enfant(s)
Date de naissance : 10 Dec 1975 (43 ans)
Localisation : Département Nord

Ils ont plein d'idées ;)n°520 (-5)
Son petit mot

Tu ôtais la ceinture qui enserrait ta taille, arrachais tes sandales, lançais dans un coin ton ample jupe — de cotonnade, me semble-t-il — et défaisais le nœud qui rassemblait tes cheveux en queue de cheval. Tu avais la chair de poule et riais, Nous nous tenions si près l’un de l’autre que nous ne pouvions nous voir, tous deux absorbés par ce pressant rituel, immergés dans la chaleur et l’odeur que nous dégagions conjointement. Je me frayais passage par tes chemins, mes mains sur tes hanches cambrées, les tiennes remplies d’impatience. Tu te lovais, tu m’explorais, tu m’enfourchais, tu m’enveloppais de tes jambes invincibles, et tes lèvres sur les miennes me disaient à mille reprises : viens. A l’instant crucial, nous éprouvions un avant-goût de l’absolue solitude, chacun de nous abîmé dans son gouffre brûlant, mais nous avions tôt fait de reprendre vie de l’autre coté du feu pour nous découvrir enlacés dans le désordre des oreillers, sous la blanche moustiquaire. J’écartais tes cheveux pour plonger mes yeux dans les tiens. Il t’arrivait parfois de t’asseoir à mes cotés, jambes repliées, ton châle de soie couvrant une de tes épaules, dans le silence de la nuit à peine commençante, C’est ainsi que je me souviens de toi, dans ce calme retrouvé.

Tu penses avec les mots, pour toi le langage est un fil inépuisable que tu tisses comme si la vie se fabriquait en la racontant. Moi, je pense avec les images congelées sur la pellicule photographique.

Pourtant, cette image-ci n’est pas gravée sur une plaque sensible, on la dirait plutôt dessinée à la plume, c’est un souvenir précis, parfait, aux chaudes couleurs et aux volumes suaves, comme une esquisse d’inspiration Renaissance emprisonnée sur un papier granuleux ou quelque toile. Instant prophétique renfermant toute notre existence, tout le vécu et l’à-vivre, toutes les époques en même temps, sans commencement ni fin. Je contemple à distance ce dessin où je figure moi aussi, spectateur et protagoniste à la fois. Je me tiens dans la pénombre, estompé par la brume de quelque voilage transparent. Je sais que c’est moi, mais je suis également l’observateur extérieur. Je suis au courant de ce qu’éprouve l’homme peint sur ce lit en bataille, dans une pièce aux poutres noirâtres sous ses voûtes de cathédrale, où la scène apparaît comme un fragment de cérémonie très ancienne. Je suis là-bas à tes cotés, mais également ici, seul, dans un autre temps de la conscience. Sur le tableau, le couple se repose après l’amour, la peau humide et luisante. L’homme a les yeux fermés, une main contre sa poitrine, l’autre sur sa cuisse à elle, dans une attitude de tendre complicité, Pour moi, cette séquence est à la fois récurrente et immuable, rien n’y change, c’est toujours le même placide sourire chez l’homme, la même langueur chez la femme, les mêmes plis qui marquent les draps, toujours la même ombre aux quatre coins de la chambre, la même lumière qui, filtrant de la lampe, vient effleurer sous le même angle ses pommettes et ses seins à elle, toujours le même châle en soie et la sombre chevelure tombant avec une égale légèreté.

Chaque fois que je pense à toi, c’est ainsi que je te vois, que je nous revois, à jamais immobilisés sur cette toile, hors d’atteinte des dégradations de la mauvaise mémoire. Il m’arrive, pour me changer les idées, de me camper longuement devant elle, jusqu’à avoir le sentiment de pénétrer dans l’espace du tableau et de n’être plus celui qui observe, mais l’homme allongé près de cette femme. Alors se rompt la tranquille symétrie de la peinture, et je perçois nos voix devenues toutes proches :

Raconte-moi une histoire.

Quel genre préfères-tu ?

Raconte-moi une histoire que tu n’aies encore jamais racontée à personne.

 

Rolf Carlé.

 

 
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