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Conservée au musée national archéologique d'Athènes, la machine d'Anticythère, supposément conçue aux alentours du 1er siècle avant J.-C. pour calculer les positions astronomiques, est considérée comme le plus vieux mécanisme à engrenages connu au monde. Elle est aussi, et surtout, l'un des artefacts scientifiques les plus mystérieux et les plus controversés. De ce drôle d'engin en bronze, nous ne connaissons qu'un exemplaire unique : celui-là même, trouvé dans l'épave d'une galère romaine en 1901 par des pêcheurs d'éponges, au large de l'île grecque du sud du Péloponnèse Anticythère
ARCHÉOLOGIE - Mise au point par des ingénieurs du University College de Londres, cette restitution du «proto-ordinateur» astronomique du IIe siècle av. J.-C. est la plus avancée proposée à ce jour depuis sa découverte en 1901. Et pourtant, ces vestiges métalliques sont ceux de la machine d'Anticythère. Découvert en 1901 dans une épave romaine du début du Ier siècle av. J.-C., cet assemblage de roues dentées, de cadrans et d'aiguilles est soupçonné depuis plusieurs années d'être une antique horloge astronomique, voire le premier «ordinateur analogue» au monde. Un véritable chef-d’œuvre mécanique et technique, l'appareil antique vient de faire l'objet d'une nouvelle reconstitution proposée par une équipe de chercheurs britanniques.
Évoquer des chefs-d'œuvre de l'Antiquité revient le plus souvent à mobiliser une imagerie faite de gracieuses sculptures de marbre ou de bronze, de céramiques à figures rouges ou noires, de basrelieffinement ouvragés et de majestueux teRien qui ne s'approche a priori du petit amas de bronze rouillé conservé au musée national archéologique d'Athènes. Et pourtant, ces vestiges métalliques sont ceux de la machine d'Anticythère. Découvert en 1901 dans une épave romaine du début du Ier siècle av. J.-C., cet assemblage de roues dentées, de cadrans et d'aiguilles est soupçonné depuis plusieurs années d'être une antique horloge astronomique, voire le premier «ordinateur analogue» au monde. Un véritable chef-d’œuvre mécanique et technique, l'appareil antique vient de faire l'objet d'une nouvelle reconstitution proposée par une équipe de chercheurs britanniques.
«Une ingénierie superbe versée dans un appareil de génie», enfant bienheureux «de l'astronomie babylonienne avec le flair grec pour la géométrie», la machine - activée par une manivelle - permettait de calculer et de tenir le compte d'une kyrielle de phénomènes célestes : coordonnées écliptiques, phases synodiques des planètes, phases de la Lune, calendrier des olympiades et des éclipses,… Il serait presque plus simple de se demander quelle donnée astronomique de l'époque n'était pas prise en compte par le dispositif. Comme le rappelle l'étude du University College, il pourrait en outre s'agir du premier objet à avoir «automatisé un bon nombre des calculs nécessaires à sa propre conception, ce qui est le premier pas vers la mécanisation des mathématiques et de la science».
Découverte par 42 mètres de fond, au milieu d'autres trésors que transportait un navire coulé au large de l'île d'Anticythère - entre la Crète et le Péloponnèse -, la machine daterait selon les épigraphistes de la seconde moitié du IIe siècle, c'est-à-dire de la fin de l'époque hellénistique. La machine «remet en question toutes nos idées préconçues sur les capacités technologiques des Grecs de l'Antiquité» conclut l'étude du University College. Au regard du nombre de savants et de spécialistes qui s'échinent depuis plus d'un siècle à en percer, petit à petit, tous les mystères, ce prodige de l'ingénierie hellénistique a sans doute encore de beaux jours devant lui.
Si le caractère unique d'un objet peut être considéré comme un problème pour les archéologues (le fait ne pas en trouver d'autres exemples le rend toujours difficile à situer et à contextualiser), la machine d'Anticythère possède une autre caractéristique qui la rend plus ambiguë encore : elle est une merveille d'ingénierie. La complexité de ses mécanismes est si éblouissante que certains historiens se refusent même à croire qu'un tel appareil ait été fabriqué si tôt dans l'histoire. La datation de la galère, estimée comme antérieure à 87 avant J.-C., a permis de fixer un âge minimal limite à la machine d'Anticythère. Mais aujourd'hui encore, il n'existe pas de consensus sur l'époque de sa conception : certains chercheurs la placent entre la fin du 3e et la moitié du deuxième siècle avant J.C. (Giovanni Pastore, 2010), d'autres à une période légèrement plus récente, entre le 2e et le 1er siècle avant J.-C. Haute de 20 petits centimètres, elle comprend des dizaines de roues dentées articulées entre elles sur plusieurs plans, et des gravures d'une finesse déconcertante. Il faudra attendre le 17e siècle pour voir émerger une telle technicité horlogère en Occident !
Mais les zones d'ombre ne s'arrêtent pas là : le petit dispositif est malheureusement très incomplet. Seuls des morceaux endommagés subsistent - en 82 fragments -, qui ne correspondraient qu'à un tiers de la machine complète. C'est l'une des raisons qui expliquent pourquoi sa fonction fut si longtemps débattue. Aujourd'hui, archéologues, ingénieurs et historiens de la science s'accordent à dire que l'appareil était un calendrier astronomique servant à calculer les positions de la Lune et du Soleil. C'est déjà ça.
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