5/20
Date : 20-03-2025 12:42:24
Justice: plainte inédite contre le groupe Bolloré et ses activités en Afrique
Une plainte a été déposée contre le groupe Bolloré et Vincent Bolloré, ce mardi 18 mars au soir devant le parquet national financier de Paris. Cette plainte est déposée par le collectif Restitution pour l'Afrique qui se compose de onze ONG, présentes dans six pays du continent (Togo, Guinée, Cameroun, Ghana, Côte d'Ivoire, RDC) pour les chefs présumés de « recel » et de « blanchiment d'argent » dans le cadre de ses activités logistiques en Afrique et plus particulièrement la gestion des ports.
L’événement est “exceptionnel à plusieurs égards”. “Une plainte ‘inédite’ pour blanchiment déposée par un collectif africain contre le groupe Bolloré”, titre le quotidien belge Le Soir. Mardi 18 mars, Restitution Afrique (RAF), un collectif de onze ONG d’Afrique de l’Ouest, a déposé plainte contre le groupe du milliardaire Vincent Bolloré et de son fils Cyrille Bolloré auprès du parquet national financier (PNF), à Paris.
Elles soupçonnent le groupe de l’industriel de recel, mais surtout de blanchiment dans ses activités portuaires dans plusieurs pays, le Togo, la Guinée, le Ghana, le Cameroun et la Côte d’Ivoire.
Les membres de ce collectif, dirigé par le lanceur d’alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, “réclament la restitution de fonds issus d’activités présumées illicites commises par [le groupe]”. Au cœur de leurs soupçons : les conditions dans lesquelles Bolloré Africa Logistics a obtenu des concessions portuaires dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Le collectif demande la restitution des 5,7 milliards d’euros issus de la vente de Bolloré Africa Logistics (qui gérait les principales concessions portuaires des cinq États de l’Ouest africain) à l’armateur italo-suisse MSC en 2022.
Dans le cas des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée), la justice française, déjà saisie depuis 2013, soupçonnait le groupe Bolloré d’avoir utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Euro RSCG (devenue Havas) pour aider frauduleusement les campagnes présidentielles 2010 de Faure Gnassingbé et Alpha Condé, au bénéfice d’une filiale phare de l’époque, Bolloré Africa Logistics.
Le groupe a négocié un accord en vertu duquel il s’est acquitté d’une amende de 12 millions d’euros contre l’abandon des poursuites. En revanche, le parquet financier a requis en 2024 un procès pour corruption et complicité d’abus de confiance contre Vincent Bolloré.
La plainte déposée mardi 18 mars “est inédite à deux égards, par son panafricanisme et parce qu’elle vise les fonds obtenus via la corruption du clan Bolloré en Afrique”, déclare dans le quotidien belge Jean-Jacques Lumumba, “lanceur d’alerte et petit-neveu de Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance de la RD Congo”.
L’ancien banquier accuse : “Le clan Bolloré a installé un système d’achat d’élections, de favoritisme, pour obtenir la gestion de ports marchands.” Le groupe Bolloré n’a pas réagi avant la publication de l’information, conclut le journal.
|